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Quelques vers arrachés de " CIEL-TERRE " "" C. TERRASSON ( 13 avril 1976)
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LUNES D'EAU
lunes d'eau à la pointe effilée des nuages glissements glauques et pâles mirages, rames, barques évanouies, carcasses de vieux contes, noyées ou ternies,
fanfreluches et guirlandes de sable, paroles en l'air, mots désuets, rires amers, joies périssables, caquètements polis de vieux souhaits,
je vous chasse, rentrez en vos trous, mes yeux regardent ailleurs, loin... je vous chasse vieux rictus, vieux hiboux, mon coeur fleurit ailleurs, bien loin. C.Terrasson 4 fevrier 1972
voyage
choeur esprit enivré d' une tristesse sans objet eau absente, rives incertaines bordant un lac évanoui...
monologue je marche sur un sol qui se dérobe aux pas, j' avance, il fait noir l' horizon est humide. je déteste cette cave aux murs suintants
choeur le sommeil rêveur, douce tentation, étire ses ailes membraneuses une vie soyeuse s' incarne en sirène à chanter le repos. de lourds fruits juteux s' offrent aux passants
monologue je chuchote et je parle haut ma voix sourd en longs échos bleutés au loin, les clairs jeux d" un soleil tendre le frissonnement matinal des peupliers _ les illusions m' effraient
choeur ne jetez pas vos rêves aux chiens. fécondez les mirages accrochés à vous comme les grappes aux ceps. caressez- les; apprivoisez les....
monologue j' enfonce mes ongles dans des parois crissantes je lève les voiles poussiéreux j' égratigne mes genoux, mes jambes... quelle est longue, la montée! l'air serein me guette, un sourire à l' oeil... c.terrasson 31 mars1972
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lorsque, lorsque
lorsque l'astre ombreux paraîtra, bondissant par- dessus haies et talus, je men irai retrouver mon ami. une cabane est notre abri, les joncs séchés, les roseaux légers frémissent aux cris des oiseaux nocturnes.
lorsqu' il fera pleine lumière, nous lèverons nos quatre paupières sur le monde encore somnolant, nos yeux s'ouvriront, nos yeux, miroirs fragiles où brulent des feux de joie. puis, d'un même pas, nous irons au rivage contempler l'horizon et rêver.
les heures fileront au cadran du ciel, l' oiseau regagnera sa branche, la mer taira le chant des vagues et les démons crépusculaires sortiront de leur tanière, mais nous les mettront en fuite, écartant voiles et griffes, dédaignant maisons, cabanes, abris, nous irons en plein champs, parmi les fleurs endormies creuser le lit d' une source neuve. c. terrasson 28 decembre 1971
ils
lui _ ils gâchent la terre, ils ternissent le ciel, ils coupent aux arbres leurs mains aux fleurs leurs tiges; ils piétinent l' herbe tendre et détournent les torrents elle - le parfum de nos corps embaument la nuit, le reflet de nos regards scintille, écoute nos ombres légères effleurant le sol
lui - ils crient le malheur aux quatre coins des coeurs, ils prêchent la révolte, sourds et aveugles, ils chantent combats, laideurs, haines
elle - regarde s'écouler les sources de nos sourires, les corolles de la nuit enferment nos élans, un air délicat s' épand des buissons en fleurs
lui - ils dégradent l' amour, ils le défigurent, ils jouent avec lui, ils transforment nos âmes en caveaux, ils disent
elle - vois! le soleil décline, prends ma main, allons sous la feuillée, renaître au coeur du silence nocturne. là, nous sèmeront ces paroles secrètes, bulles frêles, balbutiant au monde sa beauté. c. terrasson 29 mars 1972
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