chatellenie de Montreal:
Comme nous allons le voir, Angely a entretenu avec Montréal des liens fusionnels, sur le plan politique, économique et social incontestables. C'est donc à travers l'histoire de montréal que l'on approche du plus près, le contexte historique d'Angely.
Définition Chatellenie:Depuis Angely, aujourd'hui, on ne distingue de Montréal au sommet d'un mamelon couvert de baies vives qu'une partie de l'abbatiale originelle. ( mis à part le château d'eau, avatar confortable de l'ère moderne ). Mais essayons d'imaginer par le biais de sa description la vue du château qui s'y dressa pendant plusieurs siècles. Du château bâti par Anséric ne restent que quelques vestiges évocateurs. Mais celui-ci que l'on regardait comme la clef de la Bourgogne du côté de la Champagne avait quatre belles portes en tours carrées à herse et machicoulis, une terrasse ou plate-forme pour l'usage du canon, autrement dit, un cavalier en stratégie, un fossé et un donjon environné de cinq tours, avec des remparts munis de dix-neuf tours, dont le terrier du 18 avril 1496, nous a conservé les noms. Les voici tels qu'ils y sont rapportés: ---1° la tour de la Porte;- 2° la tour de l'Evèque;- 3° la tour du Châpitre;- 4° la tour de la Cigogne;- 5° la tour Saint-Antoine;- 6° la tour de Bierry;- 7° la tour Huguenin-Martin;- 8° la tour du Creneaultes-prêtres;- 9° la tour derrière le donjon;- 10° la tour Beauregard;- 11° la tour du Roi;- 12° la tour à la Danière;- 13° la tour à la Confiance;- 14° la tour de Tallecy;- 15° la tour de Marmeaux;- 16° la tour Halyot;- 17° la tour Maîtrejean des Granges;- 18° la tour d'Avallon;- 19° la tour Loison.
La chatellenie de Montréal avait pour dépendances Montréal, Angely, Pancy, Blacy, Monceau-les-Tallecy pour deux maisons, Cussy-les-Forges pour six, Montot pour dix-sept, Cormarin et Santigny pour sept, Courteroles pour dix; Guillon, dont la chatellenie fut unie à celle de Montréal en 1723, après avoir été distraite de celle de Vieux-Château, Saint-André-en-Terre-Plaine pour six maisons; Chevannes pour cinq, Toutry pour quatre, et Savigny pour un tiers à partir du chemin qui va de Cisery à Sauvigny le Beuréal et passe entre l'église et la Grange-des-Hiverts. Louis XII cède la chatellenie de Montréal au marquis de Baulge, en 1512, à titre d'engagement. Henry II la revend au même titre en 1553, moyennant 15 000 livres tournois, à Imbert de la Platière, maréchal de France, seigneur de Bourdillon, marquis de Ragny,( à cause de sa femme Claudine de Damas), baron d'Epoisses. Henri IV revendit aussi cette chatellenie en 1605, à François de la Madeleine, marquis de Ragny, dix-sept mille quatre-vingt-cinq écus(17 085), sans autres réserves que la foi et hommage, droit de ressort et de souveraineté ès bois de haute futaie. Les domaines de Montréal étant rentrés sous la main de l'état, un arrêt du conseil du 25 frimaire an X ( 15 décembre 1802 ), signé Bonaparte, premier consul, les délaissa à Jacqueline Chartraire, veuve de Marie-Antoine-Bernard-Claude Chartraire, moyennant 38 864 francs 67 centimes. MM. Huet et Boudin de Vesvres, qui les avaient achetés de cette dernière, les ont revendus à M. Regardin, dont les héritiers le possédaient encore, à l'exception de l'emplacement du château, qui appartenait à M. Delavaut, en 1857.
droits et usages des seigneurs de Montréal ( et donc d'Angely) les seigneurs de Montréal, ne tenant cette terre qu'à titre d' engagistes, n'avaient pas le droit d'y faire élever des fourches patibulaires ni de faire peindre leurs titres dans l'église; En 1628, le chapitre fit un procès à un peintre appelé Boursault pour avoir tenter de se soustraire à la loi.
droits et perception de taxes sur les marchés et foires des seigneurs de Montréal: 1° Sur les bouchers, 2 deniers pour chaque marché et 6 deniers pour chaque foire, plus pour droit d'étalage et de banchage 2 sols et 6 deniers, payables la veille de la toussaint;2°sur les marchands de cire, 2 deniers pour chaque marché et 6 pour chaque foire;3° Sur les drapiers, 5 sols pour chaque étalage;4° Sur les soeuvres ou cordonniers, 2 deniers pour chaque marché et 4 deniers pour chaque foire; 5° Sur les pelissonniers, les panetiers, les vendeurs de dards, faucilles, et autres ferrements, les vendeurs de pots, écuelles d'étain, et autres ouvrages en batterie de cuisine, les vendeurs de soillots et futaillages en bois, les vendeurs de poissons, harengs et huiles, les serruriers et vendeurs de draps sur main dans et hors les halles, 2 deniers pour chaque marché et 4 deniers pour chaque foire; 6° Sur les hôteliers, outre le droit de visite qui était de 5 sols, 3 sols pour chaque foire;7° Sur les vendeurs de chevaux, boeufs, vaches et autres grosses bêtes, pour chaque bête à pied rond ou fendu, 10 deniers par mouton, brebis et autre menu bétail; 8° sur les marchands de sel, 3 deniers pour chaque marché et 6 deniers pour chaque foire;9° Sur les marchand de poterie, 1 denier pour chaque foire et 1 maille pour chaque marché.10° Sur les acheteurs et marchand de laine, soit aux foires, soit aux marchés, 4 deniers pour 20 sols d'achat ou de vente. Les bouchers et tueurs de vaches et de boeufs, sur toute la châtellenie,devaient livrer les langues au seigneur dans les 24 heures. ( amende de 3 livres 5 sols)
revenu et charges de la chatellenie de Montréal:en 1685, les revenus de la chatellenie de montréal, s'élevèrent à la somme de 1915 livres 19 sols,blé,avoine,seigle,orge,cire et argent compris. les charges locales consistaient; 1er 8 setiers d'avoine au receveur de Montréal. 2°, 3 setiers de froment et 3 setiers d'avoine au concièrge. 3° 38 francs, 6 sols et 8 deniers au capitaine. 4° 10 francs au châtelain et juge prévôt 5° 3 francs au greffier. 6° 5 francs au sergent forestier et garde. 7° 30 francs au juge-prévôt d'Avallon pour les gages. 8° 60 francs au lieutenant général au baillage d'auxois, pour sa nourriture pendant la tenue des assises d'Avallon de trois en trois mois. 9° 4 muids 4 setiers froment, un muid d'avoine et 5 livres en argent au prieur des Bons-hommes de Notre dame de Vausse. 10° 6 setiers et demi de froment et 6 setiers et demi d'avoine, mesure de Montréal, au prieur de st Bernard.
mesures de Montréal
La plus grande mesure de Montréal était le muid et contenait 12 setiers, le setiers 4 bichets, le bichet, 2 moitons, et le moiton, 2 boisseaux. Le boisseau pesait 21 livres. La mesure d'avoine était plus grande que celle du froment.Le froment se mesurait à ras, et l'avoine au comble.
GUET ET GARDE
Dans le terrier de 1661, les habitants deMontréal, Cherisy et Froideville, Vassy, Corsain, menetreux, Santigny, Vignes, Guillon, Courteroles, Montot, Cormarain, Monthelon, Perrigny, Marmeaux, Tallecy, Monceau, son hameau, Blacy, Angely, Athies, Montjalin, Maison-dieu, Sceaux, Le Vellerot, Chaumot, La Rue, Trevilly, et Treviselot étaient tenus, non seulement de faire guet et garde au château de Montréal, nuit et jour, lorsque les circonstances l' exigeaient, mais encore d'en réparer les chiffres, barbacanes,râteaux et tout autre bois volants, à leurs frais et dépends, à peine de 7 sols tournois d'amende au profit du capitaine.