ANGELY 89 paysages de bourgogne
C'est le chemin de l'école, l'angoisse des arrivées en retard, les coups de marteau du charron, la scie du menuisier, une charrette qui passe, les vaches qui partent au pré, et, enfin, l'arrivée à l'école, en retard...
.Angely, avec ses maisons endormies, la cour d'école bruyante, le rythme des saisons marqué. Construite en prolongation de la voie du vin de chablis et des carrières de Massangy, la ligne de chemin de fer trouva
son apogée avec le transport du ciment à la fin du 19éme siècle et début du 20éme. Le "TACOT" entra dans le paysage et les esprits d'Angely, autant par les usages à la carte qu'il permit,(l'arrêt ou le départ se définissaient
souvent après négociation avec le mécanicien) que par le vacarme caractéristique de sa motrice qui s'ajoutait dans la vallée au grondement des broyeurs de pierre à ciment, de la roue à aube, des carrières d'extraction,
des multiples charrois sillonnant toute la campagne, de Marzy à Angely. Seuls, les très Anciens ont gardé le souvenir de ce paysage industriel, ce gris ardoise couvrant par sa poussière et ses dépôts ce coin de bourgogne .
Aujourd'hui, plus de cinquante années se sont écoulées depuis le dernier sifflement cahotant du "TACOT", depuis la dernière panne de la motrice, les gueulantes du chauffeur. La cheminée de l'usine ne fume plus,
elle a même été rasée; le gris ardoise a disparu sous l'herbe des prés ou ruminent tranquillement maintenant de paisibles charolais. Les robiniers se partagent le ballast de la voie ferrée avec les ronces; les ponts, passages,
s'effondrent sous la pression des arbres qui reprennent leur droit d'exister..........Henri VINCENOT n'est plus là pour conter l'histoire de cette région. A Angely, seul le conteur du village, avec l'accent, le regard, la verve,
l'intelligence indispensable, sait encore transmettre un peu de l'âme de ce pays.